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13 février 2018:

Nous rencontrons depuis la semaine dernière des problèmes avec le site du Réseau: attention, vous êtes actuellement sur une version provisoire du site.

Vous retrouverez ci-dessous toutes les informations concernant la 9ème JT, qui a eu lieu la semaine dernière au Pôle Santé.

Le comité de pilotage du Réseau LSP Grenoble

La 9e journée thématique du Réseau des linguistes de spécialité de l’Univ. Grenoble Alpes s’est tenue le 9 février 2018 sur le campus Santé. La thématique était « Apprendre les langues de spécialité par la mise en situation ».

Synthèse

Bilan de l’activité du réseau depuis le mois de janvier 2017 par le comité de pilotage

Camille Biros revient sur le choix de la thématique, qui permet de mettre en avant la pratique de la langue en situation pour l’enseignement et l’apprentissage des langues de spécialité, afin d’ouvrir un espace permettant aux étudiant.e.s de s’exprimer spontanément dans un contexte spécialisé.

 Conférence plénière. « Le théâtre pour l’enseignement des langues de spécialité », par Virginia Clark (Faculté de Médecine, Université Toulouse III Paul Sabatier) — Virginia, souffrante, n’a hélas pas pu se déplacer mais nous a fait parvenir sa présentation et ses notes

Virginia présente le travail qu’elle mène depuis plusieurs années dans le cadre de ses enseignements d’anglais médical à la Faculté de Médecine de Toulouse-Purpan. Elle utilise en effet le théâtre comme outil pédagogique selon différentes formes : lors de séquences pédagogiques incluses dans les cours d’anglais de spécialité, dans le cadre d’un travail longitudinal mené sur une année avec un groupe d’étudiant.e.s volontaires qui s’inscrivent pour faire du théâtre en anglais et lors d’un cours enseigné en français portant sur la « compétence humaine », à destination des futurs médecins, qui traite plus particulièrement de la relation médecin/patient et de la question de l’empathie. En effet, pour Virginia, l’anglais de spécialité doit englober tous les outils de communication utiles et nécessaires au domaine spécifique professionnel auquel les étudiant.e.s se forment. Virginia revient sur les théories qui analysent les méthodes issues du théâtre pour le cours de langues et rappelle qu’il existe un très grand nombre de travaux de recherche dans ce champ. Dans l’enseignement supérieur, le théâtre permet une approche de la question de la communication non verbale, du double lexique (spécialisé et vulgarisé), de la culture professionnelle, du code culturel, du rôle social du professionnel, du relationnel, du positionnement dans l’espace, etc. Elle remarque que le théâtre est par ailleurs une pratique très répandue dans la formation des médecins anglophones, notamment car il permet de mettre les étudiant.e.s en situation de consultation (écoute active, prise de parole, conscience du corps, compréhension de l’autre, adaptabilité, prise d’initiative, travail en groupe, résolution de problèmes, maturité psychologique…). Les améliorations constatées par les étudiant.e.s eux/elles-mêmes portent à la fois sur le plan des éléments de langage mais également sur les éléments professionnels. Ce mode d’apprentissage, qui s’apparente à l’apprentissage par résolution de problèmes, permet par ailleurs de motiver les étudiant.e.s. Pour finir, Virginia nous donne quelques conseils pratiques pour nous permettre de mettre en œuvre des moments de pratique théâtrale en cours d’anglais de spécialité. Tout d’abord, elle insiste sur la nécessaire atmosphère bienveillante, dans laquelle les étudiant.e.s doivent pouvoir se sentir capables de « se lâcher », où ils.elles ne se sentent pas jugé.e.s : le respect des principes de communication non-violente permet de souligner le positif et crée un environnement propice au travail théâtral. On peut aussi intégrer des jeux de rôles (décider du prix de vente d’une maison, décider si un organe doit être donné à X ou Y, un jury qui doit décider si l’accusé est coupable ou non) ou de petites séquences d’improvisation à partir d’une mise en situation professionnelle, en respectant des règles très simples (ne jamais dire « non » et accepter le contexte, clarifier les rôles, introduire un conflit quelconque, aller vers la résolution du conflit pour finir l’improvisation).

Atelier 1. «« Mettre en jeu la langue de spécialité par le corps et la voix », atelier animé par Christopher Mitchell (Grenoble INP)

L’intervenant commence par présenter son travail en tant que metteur en scène, scénariste et responsable du groupe THEMPPO d’Innovalangues UGA. Son atelier vise à nous faire prendre conscience de l’importance de la posture et de la voix dans la communication. Ces éléments sont essentiels à prendre en compte lors de l’apprentissage d’une langue et pourtant, trop souvent, ils sont négligés par les enseignant.e.s. À travers un travail pratique autour d’un texte intitulé « At the Doctor », il nous montre qu’il peut être intéressant de travailler sur l’intonation par le biais de textes minimalistes, avec très peu de mots. La variation de sens produite par les différentes intonations possibles est notamment explorée. L’intervenant finit l’atelier par des conseils pour mettre en œuvre ces éléments lors de nos cours de langue de spécialité.

Atelier 2. « Jeux de rôles pour l’apprentissage de la langue : exemples en anglais juridique », atelier animé par Elodie Barrois, Delphine Bertaux, Audrey Boulier (Faculté de Droit, Université Savoie Mont Blanc)

Elodie, Delphine et Audrey présentent l’ensemble du dispositif de mise en situation qu’elles utilisent dans le cadre des cours d’anglais juridique et d’anglais économique dispensés dans les filières Droit et AES de l’Université de Savoie Mont-Blanc. La langue de spécialité est présentée comme un outil de communication, ce qui est très motivant pour les étudiant.e.s, et les jeux de rôles et les différentes formes de mise en situation permettent de valoriser des compétences qui ne sont pas directement des compétences langagières. Elles illustrent leur présentation à partir de deux types d’activités : les activités ponctuelles et les activités nommées « fil rouge du semestre ». Les cours d’anglais de spécialité sont souvent des cours hybrides, avec un travail en présentiel doublé d’un travail personnel des étudiant.e.s à partir de la plateforme Moodle. De plus, les étudiant.e.s suivent des cours magistraux de droit et d’économie en langue anglaise, et les travaux dirigés d’anglais de spécialité portent sur le même thème que ces cours de la discipline de spécialité. Les thématiques de travail qui sont proposées aux étudiant.e.s vont du moins spécialisé (« Defend a Random Cause in front of the UN to get financial support » en L1 Droit / AES – Administration économique et sociale) à des exercices intégrant un niveau élevé de spécialisation : « Invent an amendment / presidential speech / America first, France second » (L2 Droit / AES), « Invent a church / local currency & promote it » (L2 Droit / AES), « Creative sentencing: be the judge » (L3 Droit / AES), « Speaking: Business Meetings, Globalization and Emerging Countries » (L3 AES), « preliminary ruling » mock trial (L3 Droit), « Initiate a class action » (M1 Droit). Delphine présente un travail plus particulier mené en M2 de Droit notarial, qui intègre un jeu de rôles à partir d’une mise en situation professionnelle réelle : l’achat d’un logement dans le bassin genevois ou d’un appartement secondaire en station par un client britannique. L’exercice inclut un travail sur le lexique professionnel, une approche comparative entre droit immobilier britannique et français (avec la mise à disposition des étudiant.e.s d’une banque de ressources sur Moodle). Il est intéressant de noter que ce dispositif de formation en anglais de spécialité a reçu un retour positif de la Chambre des Notaires de Savoie. Enfin, elles présentent pour finir le label « Law & English » ou « Economy & English », mis en place cette année à la Faculté de Droit de l’USMB. Ce label récompense les étudiant.e.s qui se sont illustré.e.s par un engagement particulier dans leur étude de l’anglais de spécialité.